La Société burkinabè de tomates, la SOBTO, constitue l’un des projets emblématiques de la politique d’industrialisation défendue par les autorités.

Début août, la direction de l’APEC s’est rendue sur le site afin de « rassurer » sur le bon fonctionnement de l’usine.

Cette formulation mérite précisément que l’on s’y intéresse.

Pourquoi fallait-il rassurer ?

Des interrogations circulent-elles sur l’approvisionnement ? Sur le fonctionnement de l’outil industriel ? Sur les volumes effectivement transformés ?

Plutôt que de se contenter des images de chaînes de production, plusieurs données devraient être rendues publiques : capacité théorique de l’usine, volume réellement transformé depuis son ouverture, quantité de tomates achetée aux producteurs, prix payé au kilogramme, nombre d’emplois permanents et chiffre d’affaires.

La SOBTO peut devenir un succès important pour l’économie de la région.

Elle peut créer des débouchés agricoles, réduire les importations et générer de nouveaux emplois.

Mais parce que le projet est devenu un symbole politique, son bilan doit pouvoir être examiné avec encore plus de transparence.

Une usine réellement performante n’a pas besoin que le public croie à son succès.

Les chiffres doivent pouvoir le démontrer.