Des habitants de Guiaro se sont récemment mobilisés pour remettre en état un axe routier dégradé.
L’initiative peut être saluée comme un exemple de solidarité locale.
Elle devrait aussi susciter une question plus dérangeante : pourquoi des citoyens doivent-ils réparer eux-mêmes une route publique ?
Partout dans le pays, des opérations communautaires sont désormais présentées comme des manifestations positives d’engagement patriotique : nettoyage, entretien des voies, construction ou réparation d’équipements.
La mobilisation collective fait partie de l’histoire du Burkina Faso et peut permettre de résoudre rapidement certaines difficultés.
Mais elle ne doit pas devenir une manière commode de faire porter aux habitants les conséquences du manque d’entretien des infrastructures.
Les citoyens paient des impôts, des taxes et différentes contributions précisément pour que l’État et les collectivités assurent certaines missions.
Une route n’est pas un équipement secondaire : elle détermine l’accès aux marchés, aux établissements scolaires, aux services de santé et aux autres communes.
Le cas de Guiaro mérite donc un suivi : depuis combien de temps l’axe était-il dégradé ? Quel organisme était responsable de son entretien ? Des crédits avaient-ils été prévus ?
La solidarité des habitants mérite d’être racontée.
La raison pour laquelle leur intervention était devenue nécessaire mérite tout autant de l’être.