Les pluies ont dégradé un axe routier du Zondoma.

Pour permettre à nouveau la circulation, des habitants ont décidé d’intervenir eux-mêmes.

Pelles, matériaux disponibles et mobilisation communautaire : l’opération est présentée comme une démonstration de civisme.

Elle en est certainement une.

Mais elle témoigne également de la faiblesse de certaines infrastructures locales.

Lorsque la population doit intervenir directement pour maintenir ouvert un axe de circulation, la question de la responsabilité publique ne peut pas être évacuée au nom du patriotisme.

Les routes rurales sont essentielles au transport des récoltes, aux déplacements des élèves, aux évacuations sanitaires et aux échanges entre villages.

Chaque journée pendant laquelle un axe devient impraticable produit donc des conséquences économiques et sociales.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas isolé. Des opérations comparables sont régulièrement rapportées ailleurs au Burkina Faso.

Cela justifierait un état des lieux plus large : combien de kilomètres de routes rurales nécessitent actuellement des réparations dans le Nord ? Quel budget est consacré à leur entretien ? Quelles communes restent particulièrement enclavées pendant la saison des pluies ?

La mobilisation populaire peut compléter l’action publique. Elle ne doit pas progressivement la remplacer.