Depuis le 1er août, les automobilistes de Ouagadougou peuvent être verbalisés à partir des images captées par les caméras installées dans la capitale.
Le dispositif vise notamment les excès de vitesse, les franchissements de feux rouges, le téléphone au volant et le défaut de port de la ceinture.
Dès ses premières heures de fonctionnement, plus d’un millier d’infractions auraient été détectées.
Sur le principe, réduire la mortalité routière est une nécessité. Mais le développement rapide de la vidéosurveillance pose également des questions auxquelles les autorités doivent répondre avec précision.
Combien de caméras sont aujourd’hui actives ? Où sont-elles installées ? Combien de temps les images sont-elles conservées ? Quelles administrations peuvent les consulter ? Peuvent-elles être utilisées dans le cadre d’enquêtes sans rapport avec la sécurité routière ?
Et surtout : quelle autorité indépendante vérifie que les règles sont respectées ?
Le débat est particulièrement important dans un contexte où le gouvernement développe parallèlement des systèmes d’identification biométrique et renforce les capacités numériques des administrations.
Pris séparément, chacun de ces outils peut répondre à un besoin légitime.
Additionnés, ils constituent progressivement une infrastructure de surveillance particulièrement puissante.
La technologie ne pose donc pas seulement une question d’efficacité. Elle pose une question politique : quelles protections restent entre les mains de l’État et la vie privée des citoyens ?