Méguet — Éducation

À Méguet, les communautés sont mobilisées dans une initiative destinée à produire directement une partie des denrées nécessaires aux cantines scolaires.

Le principe paraît vertueux : utiliser des terres cultivables, produire localement et améliorer l’alimentation des élèves.

Des projets comparables apparaissent dans plusieurs régions.

Ils témoignent d’une volonté de rapprocher agriculture locale et restauration scolaire.

Mais leur multiplication soulève une question qu’il serait dangereux d’ignorer : quelle part de la responsabilité de nourrir les élèves est progressivement transférée de l’État vers les parents et les communautés ?

Cultiver un champ scolaire demande du temps, des semences, du matériel, de l’eau et du travail.

Tout cela a une valeur.

Lorsque les familles fournissent ces ressources gratuitement, il faut donc intégrer cette contribution au véritable coût du dispositif.

Le système peut être bénéfique s’il constitue un complément financé et accompagné par la puissance publique.

Il devient plus problématique s’il sert à compenser durablement l’insuffisance des crédits consacrés aux cantines.

Une évaluation transparente devrait donc préciser combien l’État consacre par enfant à l’alimentation scolaire, quelle quantité est produite par les communautés et quels résultats nutritionnels sont obtenus.

La solidarité locale ne doit pas devenir une subvention invisible accordée par les familles au fonctionnement de l’école publique.