Les pourcentages sont parfois plus révélateurs que les discours.
Lors de l’évaluation à mi-parcours du programme régional de développement, le taux d’exécution physique annoncé pour la région s’établissait à seulement 22,9 %.
Autrement dit, à plus de la moitié de l’année, moins d’un quart des réalisations programmées auraient effectivement été achevées.
Un tel chiffre mérite davantage qu’une réunion administrative.
Quels projets sont en retard ? Routes ? Écoles ? Centres de santé ? Eau potable ? Infrastructures agricoles ? Quels crédits ont été engagés et lesquels restent inutilisés ?
Et surtout, quelles conséquences ces retards ont-ils sur les populations ?
Dans une région fortement touchée par les déplacements de population et les conséquences de l’insécurité, la reconstruction des services publics constitue pourtant une condition essentielle du retour durable des habitants.
Le gouvernement met régulièrement en avant la reconquête de localités et le retour de certaines populations.
Mais revenir dans un village ne signifie pas nécessairement retrouver une vie normale.
Un véritable retour suppose une école, un dispensaire, une route praticable, de l’eau, des marchés et une administration accessible.
Le taux de 22,9 % rappelle ainsi une évidence : la reconquête militaire d’un territoire ne vaut pas encore reconstruction de l’État.
La prochaine évaluation devra donc être accompagnée d’une liste publique des projets réalisés, retardés ou abandonnés.