La police provinciale du Noumbiel a annoncé début août une importante saisie de produits considérés comme illicites.
Dans cette province située aux frontières du Ghana et de la Côte d’Ivoire, l’événement rappelle l’importance des échanges informels qui traversent quotidiennement les frontières.
Les saisies policières donnent toutefois rarement à voir l’ensemble du phénomène.
Quels produits circulent réellement ? Par quelles routes ? Quels volumes ? Et surtout, pourquoi ces circuits prospèrent-ils ?
Dans les régions frontalières, la contrebande n’est pas uniquement une affaire criminelle.
Elle peut aussi être alimentée par les différences de prix, les restrictions commerciales, la fiscalité, le manque d’emplois formels et des relations économiques qui existaient bien avant le tracé des frontières contemporaines.
La lutte contre le trafic est nécessaire lorsqu’elle concerne des produits dangereux ou des réseaux criminels.
Mais une politique efficace exige de comprendre l’économie qui soutient ces échanges.
Le renforcement des contrôles peut déplacer les itinéraires sans supprimer le phénomène.
Pour le Noumbiel, l’enjeu dépasse donc une saisie ponctuelle.
Il s’agit de comprendre comment intégrer davantage l’économie transfrontalière au secteur légal sans étouffer les échanges dont vivent de nombreuses familles.
Une question d’autant plus importante que le discours national sur la souveraineté économique s’accompagne d’un renforcement de certaines restrictions commerciales.
